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02.11.2007
Forest Gump (4): un film NATIONALISTE
Non content d'être à la fois mièvre et réactionnaire, Forest Gump est aussi un film distillant la plus odieuse des propagandes nationalistes !
a) Forest Gump, pourtant stupide, arrive quand même à s'en sortir, parce qu'aux Etats-Unis d'Amérique tout est possible, pourvu qu'on sied aux moules successifs qu'on nous aura fabriqués.
Le fait est que, justement, les aventures rocambolesques du héros sont présentées la plupart du temps comme étant les fruits du plus grand des hasards. Pas de coup de pouce de la société ou d'élévation par le mérite, mais juste des gens qui ont voulu se servir de lui et qui, ce faisant, ont façonné son histoire sans même le vouloir.
D'ailleurs une certaine ironie est facilement décelable notamment lorsqu'on entend régulièrement, entre autres, "Il est con, mais qu'est-ce qu'il court vite !", bref, un outil parfait.
b) Les EU sont présentés comme étant LE pays de toutes les grandeurs, de tous les paysages, le modèle de civilisation idéal..
Ouai, ok. Alors qu'on m'explique ce que font là tous ces événements tragiques qui ne sont pas à mettre sur la petite étagère des gloires des des Etats-Unis. Assassinats, scandales politiques, racisme, inceste (le père de Jenny la touche quand elle est petite) etc...
En effet, voici une présentation plus que bandante de la société américaine ! Alors qu'on vienne pas nous saoûler quand le réalisateur a "osé" mettre en scène la beauté des paysages de l'Arizona ou l'événement que futle premier pas sur la Lune..
c) L'armée et la guerre du Vietnam sont présentées de façon edulcolorées, voire marrantes.
Je cite : "La guerre du vietnam sans l'ombre d'un vietnamien trucidé, filez vite voir les excellents Full Metal Jacket de Kubrick, ou bien sûr Apocalypse Now de Coppola, vous comprendrez que le film de Zemeckis est limite révisionniste"
Les oeuvres citées ci-dessus sont évidemment des chefs-d'oeuvre que je conseille à tout le monde. D'ailleurs, ces deux films sont sortis bien avant Forest Gump et il est bien probable que les spectateurs les aient vus eux-aussi, ainsi que Platoon, Good Morning Vietnam, Outrages, Voyage au bout de l'enfer...
Forest Gump n'est pas vraiment la seule référence à la guerre du Vietnam..
Aussi, selon ce brillant critique de cinéma des bacs à sable, un film ne peut prétendre critiquer l'absurdité de la guerre que s'il montre des gens (notamment du camp adverse) "trucidés", sinon ça ne marche pas. Tout ceci est très intéressant, vraiment, à bas donc la suggestion, la métaphore, l'ironie !
Ca me fait penser aux gens qui qualifiaient de propagande néo-convervatrice et de ramassis de stéréotypes hollywoodiens l'excellent film Starship Troopers, alors que l'idée du réalisateur Paul Verhoeven était justement de se moquer de toutes ces choses..
Je voudrais juste souligner que, dans Forest Gump, il y a quand même des Vietcongs qui se prennent une belle douche de napalm sur la gueule. Alors si c'est pas assez pour certains, je vois pas ce qu'on peut faire..
D'ailleur l'armée n'est pas présentée de façon très reluisante, qu'il s'agisse de l'absurdité des expéditions interminables de soldats qui n'ont pas choisis d'être là, ou de la séquence dans laquelle un gradé débranche l'installation sonore au moment où Forest va émettre son avis à propos du conflit sanglant dont il vient de revenir. Ce gradé représentant l'hypocrisie de l'administration de l'époque.
Pour finir, quand certains comprennent un message disant "Regardez l'armée c'est vachement bien, même si vous êtes stupide vous pourrez allez loin", moi j'entends plutôt "Regardez l'armée, c'est une telle négation de l'intelligence et de l'indépendance d'esprit que même un attardé mental peut monter les échelons juste exécutant les ordres qu'on lui donne"
On entend ce qu'on veut entendre, n'est-ce pas ..
03:00 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : forest gump
Forest Gump (3) : un film RÉAC
Sous ses airs de belle histoire innocente, le film distille des idées réactionnaires tout au long du récit :
- Famille présentée comme seul espace véritablement bénéfique et sécurisé
- Personnel de maison entièrement composé de Noirs
- Eloge de la "véritable" Amérique, celle du Sud et des travailleurs de la terre (dans le film, l'Alabama)
- Hippies présentés comme philosophes de bas étage, drogués et violents
- Description irréaliste du monde avec des simplifications si extrèmes qu'elles en deviennent des mensonges
Etc etc ..
Premièrement : ça n'est pas parce qu'on montre des choses qu'on les cautionne ou qu'on en fait l'apologie. Si tout film devait se devait d'être revendicatif de quelque chose, alors le cinéma de pur divertissement aurait de quoi s'inquiéter et les studios d'Hollywood trop consensuels (qui a dit "tous" ? ^^) n'auraient plus qu'à mettre la clef sous la porte..
Evidemment ça n'est absolument pas la réalité et on peut s'en réjouir, je pense. Le cinéma peut aussi servir à se vider la tête et pas forcément susciter une réflexion métaphysique sur la nouvelle vision post-moderne nietzschéenne de la société contemporaine suite aux travaux d'Heidegger...
Deuxième chose : l'objectif du réalisateur et d'exposer les représentations des gens à l'époque mise en scène, c'est à dire des années 50 aux années 80.
Oui, dans les années 60 le racisme était encore institutionnel. D'ailleurs, plutôt que de "s'en féliciter", Zemeckis décide au contraire de relater l'épisode des deux premiers afro-Américains à être acceptés dans une université, alors que rien ne l'y oblige !
D'ailleurs, les faits, même si on peut le regretter, sont issus de la réalité : oui, les Noirs ne s'occupaient presque que des basses tâches, la société de l'époque n'étant pas encore celle d'aujourd'hui (c'est à dire une socitété de paix, d'amour et de prospérité..)
Oui, le déhanché d'Elvis Presley était considéré comme indécent.. (bon ok, ça on s'en fout)
Quant aux hippies, ils ne sont pas décrits comme étant dangereux, il s'avère juste que celui qui est avec Jenny (l'amie du héros) la bat. Les hommes violents avec leur compagne existent dans tous les milieux et, grande désillusions pour certains -veuillez m'en excuser-, même chez les hippies ! On aurait pas cru hein ? Vraiment trop dingue ..
Bizarrement, je crois que les mêmes qui critiquent la vision négative du hippisme (mouarf, j'ai pas pu m'en empêcher ^^) que peut avoir le film ne trouveraient rien à redire d'une présentation quasi-idyllique de ce mouvement, comme celle qu'on peut avoir, par exemple, allez, au hasard, mais vraiment au hasard hein, ..... de Che Guevara..
Quant à la simplification à outrance des faits historique, voire leur modification, je crois que le spectateur est quand même un minimum conscient que cela ne relève que de la fiction..
Et quand bien même certains prendraient tout cela au premier degré (Ex: Forest Gump qui téléphone au service d'étage de l'hotel du Watergate pour signifier un certain remue-ménage dans les bureaux d'en face..) et qu'il faille s'en offusquer, alors ça voudrait dire qu'on ne pourrait plus réaliser un seul film susceptible de délivrer des contre-vérités !
M'est avis qu'il ne passerait plus grand chose sur nos écrans..
00:55 Publié dans 7e art | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : forest gump
01.11.2007
Forest Gump (2) : un film MIEVRE
1/ Ce film est MIEVRE :
a) Il utilise les bonnes grosses ficelles hollywoodiennes qui servent à nous tirer les larmes devant une histoire faite pour qu'on s'attache au personnage et qu'on assiste avec bienveillance à sa manière candide d'appréhender le monde rose-bonbon dans lequel il vit.
Au final, qu'est-ce qui émeut le spectateur dans un film ? Toujours la même chose. L'amour, la mort, le pathétique, la violence sur des innocents, le sentiment d'impuissance etc..
Quelque soit le film, plus ou moins bon, plus ou moins rigoureux avec l'Histoire, complexe ou simpliste, si les acteurs sont un minimum crédibles, bah on est triste avec eux quand leur meilleur ami viens de se faire buter. C'est quand ça n'éveille absolument rien en nous qu'il faut, je pense, se poser des questions : "Oh, non ! Aurais-je à ce point un coeur de pierre ? Je ne suis qu'un miséraaaaaable ! Aaaaaaaaaaaaaah...." (Ouai, enfin un truc du genre quoi)
b) Ce film essaie de nous faire croire que n'importe quel crétin peut s'en sortir, pourvu qu'il ait un peu de bol et surtout un grand coeur.
Ce film est une FICTION à laquelle on attribut de bien grandes choses (on le verra encore par la suite). Je me marre assez souvent en lisant les critiques paranoïaques qu'on peut trouver au sujet de n'importe quel film, surtout s'il est américain.
"On veut nous faire croire ça", "Ce film veut polluer notre inconscient avec ses idées scandaleuses", "C'est la CIA elle-même qui a financé la production" (Bon, celle-là elle est de moi..)
Certaines personnes semblent incapables de faire abstraction de leur théorie-du-complot habituelle, pour juste suivre les aventures d'un gars un peu à côté de ses pompes (ce qui ne l'empêche pas de courir très vite, d'ailleurs), sans arrières-pensées, juste comme ça.
Le film ne fait pas part de la difficulté de trouver un sens à sa vie, se faire une place dans la "vraie" société, affronter la violence du monde etc.... Et alors ? On s'en tape ! Bien d'autres films l'ont fait et continuent de le faire !
c) Et dernière chose, je cite : "On est trèèèèèèèès loin de Dustin Hoffman dans Rain man, si vous voulez voir une VRAI performance, foncez!"
Nous avons là affaire à un expert en "imitation d'handicapé mental". Dustin Hoffman (Rain man) fait donc mieux l'autiste que Tom Hanks. Reste à savoir quelles sont les places de Sean Penn (Je suis Sam) ou encore Leonordo DiCaprio (Gilbert grape) dans le "classement" des meilleures interprétations d'handicapé mental.
Cet individu ne sait malheureusement pas de quoi il parle et émet un avis qui, dommage pour lui, ne vaut pas tripette.
Si ce monsieur connaissait au moins deux handicapés mentaux, il se rendrait compte que deux suffisent à démontrer qu'aucun n'est identique à un autre.
Il se rendrait compte qu'il faut différencier ceux qui sont conscients de leur handicap de ceux qui n'en sont (peut-être) pas conscients, ceux qui ont leur autonomie de ceux qui n'en auront jamais, ceux sur chez ça se voit sur le visage et ceux chez qui on ne décèle rien au départ.
ETC... ETC ..
Les handicapés mentaux, c'est comme les jeunes de banlieue, les homosexuels ou les immigrés : beaucoup se sentent bien en pensant les défendre, mais leur ignorance en la matière et leur bien-pensance ne font que les enfoncer et, paradoxalement, desservir leur cause .20:50 Publié dans 7e art | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : forest gump
Forest Gump (1)
Il est repassé sur TF1 cet après-midi et je l'ai (à nouveau) regardé.
Forest Gump, voilà un films controversé, voilà un film polémique !
De la polémique de merde, mais alors vraiment de merde.
Soyons franc dès le départ : j'adore ce film, je le regarde à chaque fois qu'il passe.
J'aime l'idée du simplet qui ne se rend pas compte de l'ampleur de ce qu'il vit.
J'aime cette façon, certes superficielle, de traverser les années et les événements qui ont jalonnés la deuxième partie du XXe siècle, le tout accompagné des musiques de l'époque.
J'aime ces personnages stéréotypés, caricaturés, mais ô combien attachants.
J'aime ce soupçon de cynisme dissimulé sous cette histoire que qualifient de mièvre ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur pif.
Et j'aime les années 60. Non en fait je suis fasciné par les années 60, dans toute leur utopie, leur décadence, leurs espoirs, leur MUSIQUE, leur violence, leur pacifisme, leurs révoltes, leur soif de liberté, leurs désillusions.....Bon, sauf une chose peut-être : leur apologie du communisme et leur ingnorance en tout ce qu'il a de plus immonde.
Oui mais voilà, certains détestent Forest Gump et ce pour plusieurs raisons qu'on va exposer ici. Je vais d'ailleurs pour cela puiser dans les critiques "zéro étoile" du site d'Alllociné (très bon site, au demeurant)..
Pour pas que cette note fasse un gros paté, je vais la découper en plusieurs parties.
---> Partie suivante, donc.
19:45 Publié dans 7e art | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note











































