02.11.2007

Forest Gump (3) : un film RÉAC

Sous ses airs de belle histoire innocente, le film distille des idées réactionnaires tout au long du récit :

- Famille présentée comme seul espace véritablement bénéfique et sécurisé

- Personnel de maison entièrement composé de Noirs

- Eloge de la "véritable" Amérique, celle du Sud et des travailleurs de la terre (dans le film, l'Alabama)

- Hippies présentés comme philosophes de bas étage, drogués et violents

- Description irréaliste du monde avec des simplifications si extrèmes qu'elles en deviennent des mensonges

Etc etc ..

 


Premièrement : ça n'est pas parce qu'on montre des choses qu'on les cautionne ou qu'on en fait l'apologie. Si tout film devait se devait d'être revendicatif de quelque chose, alors le cinéma de pur divertissement aurait de quoi s'inquiéter et les studios d'Hollywood trop consensuels (qui a dit "tous" ? ^^) n'auraient plus qu'à mettre la clef sous la porte..

Evidemment ça n'est absolument pas la réalité et on peut s'en réjouir, je pense. Le cinéma peut aussi servir à se vider la tête et pas forcément susciter une réflexion métaphysique sur la nouvelle vision post-moderne nietzschéenne de la société contemporaine suite aux travaux d'Heidegger...

 

Deuxième chose : l'objectif du réalisateur et d'exposer les représentations des gens à l'époque mise en scène, c'est à dire des années 50 aux années 80. 

Oui, dans les années 60 le racisme était encore institutionnel. D'ailleurs, plutôt que de "s'en féliciter", Zemeckis décide au contraire de relater l'épisode des deux premiers afro-Américains à être acceptés dans une université, alors que rien ne l'y oblige !

D'ailleurs, les faits, même si on peut le regretter, sont issus de la réalité : oui, les Noirs ne s'occupaient presque que des basses tâches, la société de l'époque n'étant pas encore celle d'aujourd'hui (c'est à dire une socitété de paix, d'amour et de prospérité..)

Oui, le déhanché d'Elvis Presley était considéré comme indécent.. (bon ok, ça on s'en fout)

Quant aux hippies, ils ne sont pas décrits comme étant dangereux, il s'avère juste que celui qui est avec Jenny (l'amie du héros) la bat. Les hommes violents avec leur compagne existent dans tous les milieux et, grande désillusions pour certains -veuillez m'en excuser-, même chez les hippies ! On aurait pas cru hein ? Vraiment trop dingue ..

Bizarrement, je crois que les mêmes qui critiquent la vision négative du hippisme (mouarf, j'ai pas pu m'en empêcher ^^) que peut avoir le film ne trouveraient rien à redire d'une présentation quasi-idyllique de ce mouvement, comme celle qu'on peut avoir, par exemple, allez, au hasard, mais vraiment au hasard hein, ..... de Che Guevara..

 

Quant à la simplification à outrance des faits historique, voire leur modification, je crois que le spectateur est quand même un minimum conscient que cela ne relève que de la fiction..

Et quand bien même certains prendraient tout cela au premier degré (Ex: Forest Gump qui téléphone au service d'étage de l'hotel du Watergate pour signifier un certain remue-ménage dans les bureaux d'en face..) et qu'il faille s'en offusquer, alors ça voudrait dire qu'on ne pourrait plus réaliser un seul film susceptible de délivrer des contre-vérités !

M'est avis qu'il ne passerait plus grand chose sur nos écrans..

01.11.2007

Forest Gump (2) : un film MIEVRE

1/ Ce film est MIEVRE :

a) Il utilise les bonnes grosses ficelles hollywoodiennes qui servent à nous tirer les larmes devant une histoire faite pour qu'on s'attache au personnage et qu'on assiste avec bienveillance à sa manière candide d'appréhender le monde rose-bonbon dans lequel il vit.
 

Au final, qu'est-ce qui émeut le spectateur dans un film ? Toujours la même chose. L'amour, la mort, le pathétique, la violence sur des innocents, le sentiment d'impuissance etc..

Quelque soit le film, plus ou moins bon, plus ou moins rigoureux avec l'Histoire, complexe ou simpliste, si les acteurs sont un minimum crédibles, bah on est triste avec eux quand leur meilleur ami viens de se faire buter. C'est quand ça n'éveille absolument rien en nous qu'il faut, je pense, se poser des questions : "Oh, non ! Aurais-je à ce point un coeur de pierre ? Je ne suis qu'un miséraaaaaable ! Aaaaaaaaaaaaaah...." (Ouai, enfin un truc du genre quoi)

 



b) Ce film essaie de nous faire croire que n'importe quel crétin peut s'en sortir, pourvu qu'il ait un peu de bol et surtout un grand coeur.

 Ce film est une FICTION à laquelle on attribut de bien grandes choses (on le verra encore par la suite). Je me marre assez souvent en lisant les critiques paranoïaques qu'on peut trouver au sujet de n'importe quel film, surtout s'il est américain.

"On veut nous faire croire ça", "Ce film veut polluer notre inconscient avec ses idées scandaleuses", "C'est la CIA elle-même qui a financé la production" (Bon, celle-là elle est de moi..)

Certaines personnes semblent incapables de faire abstraction de leur théorie-du-complot habituelle, pour juste suivre les aventures d'un gars un peu à côté de ses pompes (ce qui ne l'empêche pas de courir très vite, d'ailleurs), sans arrières-pensées, juste comme ça.

Le film ne fait pas part de la difficulté de trouver un sens à sa vie, se faire une place dans la "vraie" société, affronter la violence du monde etc.... Et alors ? On s'en tape ! Bien d'autres films l'ont fait et continuent de le faire !

 



c) Et dernière chose, je cite : "On est trèèèèèèèès loin de Dustin Hoffman dans Rain man, si vous voulez voir une VRAI performance, foncez!"

 
Nous avons là affaire à un expert en "imitation d'handicapé mental". Dustin Hoffman (Rain man) fait donc mieux l'autiste que Tom Hanks. Reste à savoir quelles sont les places de Sean Penn (Je suis Sam) ou encore Leonordo DiCaprio (Gilbert grape) dans le "classement" des meilleures interprétations d'handicapé mental.

Cet individu ne sait malheureusement pas de quoi il parle et émet un avis qui, dommage pour lui, ne vaut pas tripette.

Si ce monsieur connaissait au moins deux handicapés mentaux, il se rendrait compte que deux suffisent à démontrer qu'aucun n'est identique à un autre.

Il se rendrait compte qu'il faut différencier ceux qui sont conscients de leur handicap de ceux qui n'en sont (peut-être) pas conscients, ceux qui ont leur autonomie de ceux qui n'en auront jamais, ceux sur chez ça se voit sur le visage et ceux chez qui on ne décèle rien au départ.

ETC... ETC .. 

Les handicapés mentaux, c'est comme les jeunes de banlieue, les homosexuels ou les immigrés : beaucoup se sentent bien en pensant  les défendre, mais leur ignorance en la matière et leur bien-pensance ne font que les enfoncer et, paradoxalement, desservir leur cause .

Forest Gump (1)

Il est repassé sur TF1 cet après-midi et je l'ai (à nouveau) regardé.

 

Forest Gump, voilà un films controversé, voilà un film polémique !

De la polémique de merde, mais alors vraiment de merde.

 

Soyons franc dès le départ : j'adore ce film, je le regarde à chaque fois qu'il passe.

J'aime l'idée du simplet qui ne se rend pas compte de l'ampleur de ce qu'il vit.

J'aime cette façon, certes superficielle, de traverser les années et les événements qui ont jalonnés la deuxième partie du XXe siècle, le tout accompagné des musiques de l'époque.

J'aime ces personnages stéréotypés, caricaturés, mais ô combien attachants.

J'aime ce soupçon de cynisme dissimulé sous cette histoire que qualifient de mièvre ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur pif.

Et j'aime les années 60. Non en fait je suis fasciné par les années 60, dans toute leur utopie, leur décadence, leurs espoirs, leur MUSIQUE, leur violence, leur pacifisme, leurs révoltes, leur soif de liberté, leurs désillusions.....Bon, sauf une chose peut-être : leur apologie du communisme et leur ingnorance en tout ce qu'il a de plus immonde.


Oui mais voilà, certains détestent Forest Gump et ce pour plusieurs raisons qu'on va exposer ici. Je vais d'ailleurs pour cela puiser dans les critiques "zéro étoile" du site d'Alllociné (très bon site, au demeurant)..

Pour pas que cette note fasse un gros paté, je vais la découper en plusieurs parties.

 

---> Partie suivante, donc.

18.10.2006

Les fils de l'Homme

medium_lefilsdelhomme.jpg Réalisé par Afonso Cuaron (2006)

Avec Clive Owen, Julianne Moore, Claire-Hope Ashitey



Synopsis :

Dans une société futuriste où les êtres humains ne parviennent plus à se reproduire, l'annonce de la mort de la plus jeune personne, âgée de 18 ans, met la population en émoi.
Theo, un employé lambda, ancien militant contestataire, se fait enlever par une organisation terroriste, dirigée par son ex-femme, qui finit par lui apprendre qu'une jeune femme est tombée enceinte...
Commence alors un exode, vers un lieu où l'humanité pourra renaître.


Mon avis :

Une oeuvre poignante, haletante et terrifiante à la fois.
Un film qui présente un futur certes pessimiste mais... crédible, quand on voit ce qu'il se passe dans certains coins du monde à l'heure actuelle.
Une parabole de "la vie qui tente éternellement de reprendre le dessus", une métaphore très biblique, il faut bien l'avouer, mais le film est une merveille

Allez le voir, c'est magnifique et... utile.

Oh le con

Daniel Emilfork est mort, il avait 82 ans.
Il campait le rôle professeur Krank, dans La cité des enfants perdus


medium_Krank.jpg

17.10.2006

Cinéma & pulsions malsaines..

Fight Club, American History X (décidément, mon ptit Norton ! )
Orange mécanique, Tueurs nés, Irréversible...
Old Boy, Battle Royal, Réservoir Dogs..
La Haine, Dobermann..


Tous ces films ont quelques points communs :

- Ils sont "cultes" pour beaucoup et complètement descendus par d'autres

- Alors que la majorité des autres films sont surtout jugés pour leur qualités cinématographiques, ceux-là le sont aussi pour les idées véhiculées par l'auteur ou certains de ses personnages.

- Ils sont extrèmement violents et choquent pas mal de gens, ils sont d'ailleurs tous interdits aux moins de 16 ans

- Ils délivrent certains messages, messages qui servent souvent de "justification" de la violence et de la crudité des images (contrairement à un simple film d'action qui se revendiquerait comme tel)

- Ils doivent être regardés armé d'un esprit critique solide

Je crois que chacun conviendra de tout ça.


Mais il manque quelque chose...

Un autre point commun qu'ont ces films, c'est le plaisir, la satisfaction morbide qu'on a lorsqu'on visionne cette violence, cette noirceur, ce sang, cette crasse, cette haine.

C'est cette fascination pour des personnages extrèmes : des fous furieux, des schizophrènes, des néo-nazis, des anarchistes, des fanatiques religieux, des flics ripoux, alcooliques et violents, etc...
Et puis il y a mes préférés : les gens apparemment tranquilles, qui n'avaient rien demandé à personne...et qui deviennent de vrais animaux lorsqu'il s'agit de lutter pour leur survie.


Oui mais voilà, pour les films ci-dessus, on ne parle pas de ça.

Pour les films ci-dessus, on va parler philosophie :
- "C'est une fable moderne, voyons"
- "C'est une dénonciation de la violence de la réalité, par la violence de l'image"
- "C'est une métaphore métaphysique, parabolique, onirique, mystique.. (et autres adjectifs en "ique")
etc..etc...

On va parler esthétique :
- "Les passages en noir & blanc, quelle bonne idée !"
- "Les bas-fonds de cette ville sont magistralement mis en scène, ça en devient presque... irréel !"

On va parler jeu des acteurs, choix de la musique, meilleures répliques (putain, ya que du "ique" ici)..etc...


Allez les gars, faut vider son sac, avouez que vous aimez ça !

Suis-je le seul à pouvoir être fasciné par la pire des ordures ? (un serial killer, un dictateur sanguinaire, un fou furieux..)

Suis-je le seul à avoir pensé, parfois "J'aimerais bien qu'un gars vienne m'emmerder gratuitement dans la rue, juste pour avoir un prétexte pour lui casser la gueule" ?

La noiceur de l'humanité est fascinante car elle ne semble pas avoir de limites. La violence, la haine et la radicalité sont destructrices. C'est pour ça que nous luttons contres elles.
Alors pourquoi prend-t-on tant de plaisir à la mettre en scènes puis à les visionner ?
A-t-on besoin de satisfaire certaines pulsions qui, de toute façon, existeront toujours en nous ?
A-t-on juste besoin de sensations fortes ? (mais il y a pleins d'autres choses pour ça !)

Zen pensez quoi ?

02.10.2006

La sciences des rêves

medium_lasciencedesreves.jpgRéalisé par Michel Gondry (2005)

Avec Gael Garcia Bernal, Charlotte Gainsbourg, Alain Chabat, Emma De Caunes



Synopsis :

Venu travailler à Paris dans une entreprise fabriquant des calendriers, Stéphane Miroux mène une vie monotone qu'il compense par ses rêves. Devant des caméras en carton, il s'invente une émission de télévision sur le rêve.
Un jour, il fait la connaissance de Stéphanie, sa voisine, dont il tombe amoureux. D'abord charmée par les excentricités de cet étonnant garçon, la jeune femme prend peur et finit par le repousser. Ne sachant comment parvenir à la séduire, Stéphane décide de chercher la solution de son problème là où l'imagination est reine...


Mon avis :

Je passais devant le cinéma.. et j'y suis entré. Le film commençait 2 minutes plus tard et je regrette pas d'avoir acheté ma place (au Majestic, donc seulement 4.50€).
Le genre d'histoire que j'aime, celle de deux âmes perdues qui se retrouvent dans la fantaisie et dans les rêves. Une histoire dans laquelle deux personnes s'aiment mais se font souffrir parce qu'elles s'y prennent comme des manches. Une histoire d'adultes encore un peu gamins, durant laquelle on a souvent un sourire jusqu'aux oreilles, si on veut bien laisser son esprit décoller du sol pour 2h petites heures.

J'étais tout bizarre en sortant de la salle. Je regardais tous les gens avec un intérêt inhabituel, je me disais que je ferais mieux d'aller faire un tour à Budapest puis à Barcelone pour voir des gens que j'apprécie et découvrir de nouveaux horizons, plutôt que de prendre ce taf qui me fera faire 40kms de bagnole par jour.

BREF.
Un film à voir, pour ceux qui savent réver un peu et qui "ne s'attende pas à quelque chose" avant de le voir.
Prenez un film comme il vient, c'est comme ça que vous l'apprécierez vraiment.
A VOIR EN VO (la VF est catastrophique il paraît, à cause des 3 langues différentes parlées dle film)

02.09.2006

21 grammes

medium_21grammes.jpgRéalisé par Alejandro González Inárritu (2002)

Avec Sean Penn, Naomie Watts, Benicio Del Toro, Charlotte Gainsbourg

 

 

Sysnopsis :

 

Paul attend une transplantation cardiaque. Cristina, ex-junkie, est mère de deux petites filles. Jack sort de prison et redécouvre la foi.
A cause d'un accident de voiture, ils vont s'affronter, se haïr... et s'aimer.

 

Mon avis :

 

Encore un film qui peut faire verser sa petite larme à un mec..

Le récit de destins croisés, de personnages qui souffrent comme c'est pas permi. Quelqu'un qui cherche des réponses à des questions pas vraiment définies, une autre qui cherche à oublier et un troisème qui se réfugie dans la religion.

Un film difficilement descriptible, assez déroutant au début, notamment à cause de son montage en désordre. Mais attendez de vous attacher aux personnages, de souffrir avec eux, d'aimer avec eux..

Les acteurs sont excellents, Naomie Watts est ... merveilleuse.

A voir vivre

29.08.2006

Petite devinette ..

Qui sont ces deux vieux kon l'air super contents d'être là ? ^^

(cliquez pour agrandir) 

 

medium_5902.2.jpg

27.08.2006

Saw 2

medium_saw2.jpgRéalisé par Darren Lynn Bousman (2005)

Avec Donnie Wahlberg, Shawnee Smith, Tobin Bell

 

 

Synopsis :

 
Chargé de l'enquête autour d'une mort sanglante, l'Inspecteur Eric Mason est persuadé que le crime est l'oeuvre du redoutable Jigsaw, un criminel machiavélique qui impose à ses victimes des choix auxquels personne ne souhaite jamais être confronté. Cette fois-ci, ce ne sont plus deux mais huit personnes qui ont été piégées par Jigsaw..

 

 

Mon avis :

 

Moi qui avais bien apprécié le premier opus, il faut avouer que j'ai ici été déçu. On m'avait dit : "Tu vas voir, il est carrément plus gore !" etc.. etc..

Alors bien entendu il n'y a plus la surprise scénaristique du n°1, mais là on tombe vraiment dans le "bateau" au niveau de l'intrigue. La confrontation flic/méchant, la mise en cause d'un membre de la famille, sans compter l'influence énorme qu'a dû avoir le film CUBE (excellent, au passage) sur ce métrage.

Bref, pas complètement naze, mais pas indispensable non plus.

16:38 Publié dans 7e art | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : saw 2

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